24 août 2008
Le retour du fils prodigue.
Comme tu ne le sais pas, le plus grand de mes deux frères est rentré hier après un séjour de 4 mois à Brighton, dans le sud de l'Angleterre.
J'avais déjà expérimenté, mais c'est assez fou, comme on a du mal à reconnaître les gens quand on en a été séparé longtemps.
Entre "ce" frère et moi, les relations ont toujours été plutôt froides. Peut-être parce qu'il a 5 ans de plus que moi, qu'il m'en a fait voir de toutes les couleurs quand j'étais petit, et que depuis, je ne fait que me méfier de lui...même s'il n'y à aujourd'hui plus aucune raison et que, du coup, c'est moi qui passe pour le salaud.
Tout ça pour dire que depuis hier - ok, cela ne fait que 24 heures - il y a une distance incroyable entre lui et moi. Et ça me met mal à l'aise. Je sais que ça va passer avec le temps, mais chaque fois, je suis surpris de constater ce "phénomène"...
Ce qu'il y a, aussi, c'est que j'ai vu ma mère comme jamais je ne l'avais connue. Ok, elle crevait de trouille à cause de cette fausse alerte à la bombe (qui n'était pas sur son vol...), mais aussi, quand elle l'a vu, elle a fondu en larmes ! Jamais elle n'avait témoigné autant...d'affection envers un de nous. Et cela m'a d'autant plus surpris que jamais ils n'ont été proches comme moi je le suis avec ma mère. Ce grand-frère-là n'est pas du tout sentimental. Au contraire, il est souvent "en froid" avec mes parents.
Alors vraiment, la scène m'a rappelé tout de l'histoire du fils prodigue.
On pourrait croire que je suis jaloux...Mais là n'est même pas le problème. Je constate juste qu'on commence à vraiment s'attacher aux autres quand ils ne sont plus là...Ca fait 5 ans qu'il ne vit plus à la maison, et pourtant ma mère n'a jamais vraiment semblé en être affectée. Et là, il part 4 mois un peu plus loin et elle sombre presque.
Alors je le lui ai dit. Je lui ai dit qu'il fallait profiter des gens pendant qu'ils étaient là, qu'une fois loin, ça ne servait strictement à rien de souffrir en silence, de se miner alors qu'il reviendront (je ne parle ici que de la distance, et non pas d'un décès). Je ne disais pas tant ça à mon égard - parce que je quitte à mon tour la maison en septembre - mais son comportement m'a surpris.
Je sais qu'on ne comprends pas toujours l'esprit maternel.
Aujourd'hui...
Je suis en train de lire les Chroniques de SF, et je verse quelques larmes (oui, il m'arrive de pleurer en lisant, je sais...c'est comme ça).
Mon frère sort un : "Il est en train de vivre un moment difficile !" en se marrant...et maman TEE qui dit, avec le plus grand sérieux : "Laisse-le, il se cherche."
...J'avoue n'avoir pas bien saisi...
Est-ce que ... ?
08 août 2008
What's wrong with me ?
Il y a quelque chose dans ma manière de penser mon futur qui est vraiment particulière : je pense constamment comme si j'étais hétéro.
Il me semble que quelques explications s'imposent...
En fait, quand j'imagine l'avenir, je le fais d'une manière incroyablement triviale - ce qui ne me ressemble pourtant pas. Comprends par là que je me vois finir mes études, me marier avec une femme, avoir une maison, des enfants, un chien et une tortue. Avoue que plus stéréotypé, on ne peut pas !
Mais même si les stéréotypes me font souvent grincer des dents, j'avoue que ce serait un aspect de la vie qui me plairait...J'aimerais beaucoup avoir une maison et des enfants !
Seulement, tout ceci est complètement improbable puisque j'aime les garçons. Et je ne le cache pas à moi-même, je sais où j'en suis. C'est là que c'est vraiment contradictoire, parce que je n'ai pas du tout l'intention de refouler ma vraie nature, même si actuellement personne dans mon entourage ne sait que je suis gay. J'accepte ce que je suis ! Appeler les choses par leur vrai nom, qu'il disait, Christopher (Into the Wild).
Alors, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je suis gay mais m'imagine une "vie d'hétéro" ...
Moi qui ai tendance à être trop terre-à-terre, sur ce coup, je ne me reconnais pas. A la limite, je suis en train de perdre mon temps avec des pensées utopiques, plutôt que de me concentrer sur ce que je peux vraiment faire, sur ce que je peux vraiment vivre.
Quelle est la solution ?
Est-ce que je vais changer au fil du temps et des rencontres, me poser et finalement constater ce qui est à ma portée, ce qui ne l'est pas ?
Ou alors, est-ce qu'il est question de "faire son deuil" (horreur de cette expression) ou quelque chose comme ça ? Genre, je dois accepter que je n'épouserai jamais une femme parce qu'elles ne me font aucun effet, qu'elles ne m'attirent qu'en tant qu'amies ? C'est clair que je l'ai compris, il est hors de question que je fasse comme beaucoup trop d'hommes qui s'assument trop tard, plaquant femme et enfants pour enfin vivre.
Enfin, est-ce que tous les gays passent par cette phase ? Je trouve ça tellement...bizarre.
23 juillet 2008
Ce blog ne me ressemble pas (assez).
C'est la constatation que j'ai faite hier, alors que j'étais incapable de m'endormir (et je n'arrive pas à distinguer la cause de la conséquence).
Je me rends compte que chaque fois que j'écris quelque chose, inconsciemment, je deviens quelqu'un d'autre et pas celui que je suis vraiment. J'essaie de paraître extraverti et très à l'aise dans ses baskets, un peu dragueur, voire superficiel.
Ce que je ne suis pas, ou peu (bis).
Je n'ai en rien menti, seulement j'adopte un ton qui n'est pas celui que j'emploierais dans une situation "réelle". Le fait que cela soit virtuel (sans connotation péjorative) semble me donner une distance que j'emploie fréquemment, mais à mon insu. Est-ce que tu as remarqué que les derniers billets volent plutôt bas ? C'est une partie de moi que je ne refoule pas, j'aime beaucoup la légèreté, ô combien reposante ! D'ailleurs il faudra que je te parle des bandes de cire Veet pour homme.Mais ça n'est pas vraiment la nature de mon quotidien quand même.
Ce qui me tracasse, en soi, c'est que même ici je n'arrive pas à me lâcher complètement et - cette fois consciemment - je reste sur la réserve. Je n'ose pas te parler de mes soucis, de mes joies, des anti-dépresseurs trouvés dans le tiroir de ma mère, de mes espoirs, de toutes ces choses - agréables ou non - qui sont pourtant l'essentiel d'une vie. C'était pourtant une de mes motivations à l'ouverture de ce blog, pouvoir me livrer sans aucune retenue.
Parce que non, je ne passe pas mon temps à tester des auto-bronzants, acheter des shorts de bain ou m'arracher les trois poils qui se courent après sur mon torse [même si je sais, ou j'espère, que tu ne penses pas ça]...au contraire, j'aurais tendance à m'embrouiller l'esprit avec des réflexions plus ou moins utiles et légitimes.
Mais comme je l'avais évoqué, ces temps j'ai l'impression d'être mort de l'intérieur ! Je ne pense pas à grand chose, je suis là, je regarde et constate, mais n'interviens pas/plus comme je l'ai eu fait, surtout dans la vie de tous les jours. D'habitude, je l'ai toujours ouverte, et là je ne dis plus rien, même que je ne mange plus de chips quand on m'en propose [et là, je te dis, ça n'est pas bon signe]. Soit c'est une anxiété permanente qui tente de me maintenir en vie - sans que j'en connaisse l'origine - soit c'est simplement le point mort, ni heureux ni triste, simplement à me demander ce que je fous là.
Je suis sûr que c'est passager, mais force est de constater que ça commence à durer.
Je pense que les quelques posts qui suivront seront moins divertissants que les précédents !
Bisous
Note personnelle : IKEA, c'est le lieu de la discorde.

